Notre charte

Les Forums de Présence et Action du Gaullisme est une association loi 1901. Elle rassemble des femmes et des hommes attachés aux valeurs et principes défendus et incarnés en son temps par le général de Gaulle et qui estiment nécessaire de faire connaître et rendre opérationnels aujourd’hui ces valeurs et principes afin de répondre aux défis politiques, économiques, sociaux mais aussi écologiques et éthiques du XXIe siècle.

L’association n’a pas de vocation électorale ; elle n’est pas un parti politique de plus. Elle est exactement une force de réflexion, de proposition et d’action patriote et républicaine s’inscrivant dans une filiation gaullienne. L’article 6 de ses statuts précise que « nul  ne peut se prévaloir de l’association à des fins personnelles ou électorales ».

Pourtant ses objectifs sont bien politiques au sens noble du terme. Il s’agit d’œuvrer à la diffusion et la promotion des valeurs et principes du gaullisme dans un souci de service du bien public ; il s’agit aussi de permettre le rassemblement et la mise en action de toutes celles et tous ceux qui croient en ces valeurs et principes afin d’influer sur le débat public.

Aujourd’hui comme hier, les valeurs et principes qui nous animent sont :

  • Le respect de la dignité humaine
  • L’indépendance nationale
  • L’autorité de l’État

Le respect de la dignité humaine est un combat de tous les siècles et de tous les continents. Dans un contexte de bouleversement technique très rapide et d’affaiblissement des repères religieux ou moraux, le XXIe siècle s’ouvre sur de véritables inquiétudes quant à la place de l’Homme dans son environnement économique, social et naturel, ses liens avec ses congénères et le respect qu’il se doit à lui-même. Être fidèle au gaullisme, c’est prendre position sur les grands enjeux économiques, sociaux et écologiques et les grandes questions éthiques de notre temps, en distinguant la nécessaire adaptation au réel des valeurs fondamentales et principes indépassables.

Dans cette perspective, ni la mondialisation sans freins de l’économie, ni la libéralisation sans limites des activités et des services, qui se traduisent par la marchandisation de tout et par davantage de précarisation, ne nous paraissent acceptables. Face à l’influence écrasante de la finance et des lobbys, il nous faut replacer l’humain au cœur de l’économie et défendre les valeurs de justice sociale et de solidarité. Par exemple, l’idée de participation des salariés à la gouvernance des entreprises et d’intéressement à leurs résultats, portée en son temps par le général de Gaulle, reste à nos yeux une idée d’avenir et une alternative face aux dérives des politiques ultralibérales.

Dans cette perspective encore, les défis énergétique, environnemental, alimentaire, migratoire, ou les questions sociétales liées à la fin de vie, à la procréation, à la protection des données personnelles, à l’intelligence artificielle, ne peuvent nous laisser indifférents. Chacun de ces défis, chacune de ces questions exigent pour être traités avec responsabilité et efficacité qu’on se fasse « une certaine idée de l’Homme ».

L’indépendance nationale est un bien précieux. C’est une garantie essentielle de la liberté des peuples. C’est un principe fondamental du gaullisme. Dans un contexte de mondialisation et de dérégulation des échanges, d’abaissement des frontières nationales, de construction de structures et d’instances supranationales, d’arrogance des firmes transnationales qui prétendent faire plier les États-Nations à leurs volontés et gouverner le monde, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le caractère indépassable de cette indépendance. Nous affirmons que la souveraineté nationale est inaliénable et qu’aucune partie du corps social ne peut en déposséder le peuple français, et même qu’aucune génération ne peut en priver les générations suivantes.

Dans cette perspective, la construction d’une Europe politiquement et économiquement unie ne peut se faire que sur la base des États-Nations et en accord avec la volonté des peuples, sans nier jamais ni leur particularité politique, ni leur histoire ou leur identité propres. Le recours au référendum a toujours paru au général de Gaulle le moyen le plus légitime, et le plus démocratique, pour sonder le vœu de la nation. Il convient de l’utiliser obligatoirement en ce domaine.

Dans cette perspective encore, l’affirmation de notre indépendance doit se manifester sur la scène internationale ; elle suppose une politique étrangère conciliant nos intérêts et nos principes, dans le respect de nos alliances historiques mais sans naïveté ni soumission. Cette indépendance ne peut être une réalité que si elle s’appuie sur une capacité militaire, de défense et de projection, suffisante. C’est pourquoi, le budget des armées ne nous semble pas devoir être une variable d’ajustement et l’efficience de notre force de dissuasion nucléaire se doit d’être régulièrement contrôlée.

Mais cette indépendance n’est pas seulement politique ou économique : elle est aussi culturelle. Elle passe nécessairement par la défense de notre langue et la promotion de notre culture. Nos responsables politiques et nos entreprises devraient donner l’exemple en la matière. Dans tous ces domaines, de politique étrangère, européenne, militaire et stratégique, de rayonnement culturel, il s’agit pour nous d’adopter ce préalable : se faire « une certaine idée de la France ».

Notre pays s’est construit par l’État ; il est le fruit de plusieurs siècles de construction politique, monarchique, impériale, républicaine. Chaque période d’abaissement de la France correspond à un moment d’affaiblissement de son État. C’est pourquoi, la défense de l’autorité de l’État est pour nous un principe essentiel. Dans un contexte de replis communautaires et de revendications communautaristes, qui témoignent de graves divisions au sein du corps national, de diffusion d’un islamisme radical lourd de menaces inquiétantes, de remise en cause des principes de laïcité et d’égalité hommes-femmes, il est indispensable de réaffirmer l’importance de nos valeurs républicaines.

Dans cette perspective, l’École doit renouer avec son rôle intégrateur et fédérateur. Elle se doit de transmettre nos valeurs comme elle doit transmettre les savoirs fondamentaux, sans faiblesse, et en vertu du principe de méritocratie qui a fait sa grandeur. Quant à la Justice et aux forces de police, elles doivent disposer des moyens nécessaires pour accomplir dignement et efficacement leurs missions, et ce dans une mutuelle compréhension, garantie par l’État. Face à la menace terroriste et au développement d’une délinquance multiforme, l’articulation justice-police est primordiale.

Dans cette perspective encore, il est important de rappeler qu’un État n’est d’autant mieux respecté que s’il s’appuie sur des institutions solides. Celles de la Ve République, voulues par le général de Gaulle, ont longtemps fait la preuve de leur pertinence. Mais les trop nombreuses révisions dont elles ont été l’objet les ont affaiblies en les éloignant de l’essentiel. À force d’en alourdir la lettre, on a fini par en perdre de vue l’esprit. Une part de notre réflexion doit porter sur ce retour à l’esprit de la République gaullienne. Lutter contre les périls communautariste et islamiste, réaffirmer les valeurs républicaines, renouer avec des institutions solides et adaptées, c’est toujours se faire « une certaine idée de l’État ».

Nous entendons défendre ces trois grands principes par l’organisation de Forums nationaux ou régionaux, la publication d’ouvrages, d’articles, de communiqués, et la participation au débat public.

Enfin, constatant que le gaullisme, ses symboles et ses principes, ont souvent été récupérés à des fins électorales et parfois trahis par ceux-là même qui s’en revendiquaient, nous nous engageons, à rappeler ces fondamentaux contre toutes les contrefaçons. Car le nécessaire pragmatisme et l’indispensable prise en compte des réalités de notre temps ne peuvent justifier tous les reniements. Nous nous engageons également à agir avec honnêteté et sincérité. Car pour nous le gaullisme de conviction ne se conçoit pas sans un gaullisme de comportement.