Les dangers du Pacte mondial pour les migrations

Les 10 et 11 décembre 2018 a été organisée à Marrakech (Maroc) une conférence visant à l’adoption par les Etats membres de l’ONU du « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Le Président Macron ne s’y est pas rendu mais à confier au secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, le soin d’y représenter la France.

Ce texte aura, in fine, comme conséquence l’institutionnalisation du communautarisme par l’institutionnalisation des diasporas, la propagande pro-migrants et la persécution des opposants à l’immigration… mais pas seulement !

Le préambule de ce pacte de 41 pages nous donne le ton :

« Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable et qu’une meilleure gouvernance peut permettre d’optimiser ces effets positifs. »

Ce pacte pourrait paraître innocent, comme peut l’assurer l’ensemble de la presse « bienpensante » et, en effet, en commençant par souligner que ce pacte est juridiquement non contraignant on peut déjà mettre de côté toute inquiétude… sauf que des précédents légitiment les inquiétudes.

L’inquiétude peu d’ailleurs croitre lorsque l’on met en parallèle ce pacte et le rapport de l’ONU du 17 mars 2000 : « Migration de remplacement : est-ce une solution pour les populations en déclin et vieillissantes ? » qui parle sans détour de migration de remplacement !

Ce rapport prétend qu’il n’y a qu’une seule solution au déclin démographique des Européens autochtones : l’immigration massive en provenance d’autres continents. L’ONU précise que dans un pays où le taux de fertilité est dans la moyenne européenne, il faut chaque année 6 000 immigrés par million d’habitants. Pour le continent européen entier, avec 720 millions d’habitants, les dirigeants de l’ONU veulent donc que chaque année 4 320 000 immigrés non-européens viennent remplacer les Européens autochtones en voie de disparition. En cent ans, jusqu’en 2100, cela voudrait dire qu’environ 400 millions immigrés non-européens seront venus en Europe. À ce moment-là, les Européens autochtones ne seront plus que 170 millions.

Depuis, tous les rapports de l’ONU, toutes les interventions des dignitaires de l’ONU auprès des dirigeants européens, avancent l’argument que pour assurer une forte croissance économique en Europe, il faut une forte immigration non-européenne et chaque nouvelle recommandation de l’ONU augmente encore le débit des flux d’immigration que les Européens autochtones sont priés de rapidement accepter sur le sol européen.

Bref ce que nous vivons actuellement est donc bel et bien décidé par des instances supranationales et, comme le soulignait le député néerlandais Marcel de Graaf devant le parlement européen, « cet accord n’est rien de moins qu’un coup d’état des mondialistes libéraux pro-migrants qui profitera avant tout aux multinationales. »

Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » est présenté comme juridiquement non contraignant par ses rédacteurs. Mais ne nous y trompons pas car l’expression « non-contraignant » signifie seulement que les États signataires n’auront pas à réformer leur législation. Il sera toutefois possible à des plaignants de faire valoir la supériorité d’un texte international sur le droit national et ainsi de contraindre à l’application du Pacte. Il en va ainsi de tous les pays qui ont déjà abandonnés leur souveraineté en admettant dans leur système juridique la supériorité des textes internationaux sur les textes nationaux.

Plusieurs points nous semblent éminemment contestables.

Premièrement, il repose tout entier sur l’affirmation, non discutée et non étayée selon laquelle, à l’heure de la mondialisation,les migrations seraient « facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable… » (point 8 du Pacte).  En réalité, cet objectif engage les Etats, en se basant sur un postulat erroné. Des études récentes montrent par exemple que les migrations massives des travailleurs des pays du Sud, souvent parmi les plus qualifiés, vers les pays du Nord, appauvrissent le capital humain des pays de départ.

Deuxièmement, ce pacte comprend des paradoxes et incohérences. Ainsi, tout en affirmant « le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales » (ce qui n’est déjà plus le cas au sein de l’Union européenne), le texte donne à l’ONU le droit de décider à la place des citoyens des Etats concernés des politiques publiques qu’ils doivent appliquer et de la place à accorder aux migrants au sein de nos sociétés.

Ce pacte, en présentant les migrants comme des agents économiques mobiles, interchangeables qui viennent répondre ponctuellement ou durablement à des augmentations locales de demande de main-d’œuvre, ne rend pas service aux pays du Sud, tout en plaçant l’Europe dans une situation dangereuse. En exigeant pour les migrants, avec la caution morale des droits de l’Homme, « d’améliorer leur employabilité dans les secteurs en demande de main-d’œuvre » (point 34/h du pacte), les rédacteurs de ce texte risquent de fragiliser davantage les conditions socio-économiques des pays de départ.

Deuxièmement, ce pacte comprend des paradoxes et incohérences. Ainsi, tout en affirmant « le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales » (ce qui n’est déjà plus le cas au sein de l’Union européenne), le texte donne à l’ONU le droit de décider à la place des citoyens des Etats concernés des politiques publiques qu’ils doivent appliquer et de la place à accorder aux migrants au sein de nos sociétés.

Or, la charte des Nations-Unies est très claire et reconnaît aux Etats une compétence réservée sur leurs affaires internes.

Troisièmement, et c’est le point le plus inquiétant, en exigeant que les Etats signataires cessent « d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent l’intolérance envers les migrants » (point 33/c du pacte), la signature de ce pacte tomberait comme une chape de plomb sur la problématique des migrations en interdisant l’expression d’opinions contradictoires sur le sujet ! Il va bientôt devenir impossible de critiquer tant la politique d’accueil des migrants de Madame Merkel que le grave danger que représente une intégration massive de migrants issus de pays islamiques dans notre pays. Tout comme il deviendra impossible de mentionner le fait que la migration de masse détériore les systèmes de protection sociale. Ce pacte entend donc criminaliser le discours sur l’immigration et c’est donc bien la liberté d’expression qui est, une nouvelle fois, menacée.

L’ONU peut-elle continuer à prétendre défendre des sociétés démocratiques lorsqu’elle encourage les Etats à ne plus subventionner certains médias qui ne répandent pas une parole politiquement acceptable ? La liberté d’expression, contrairement au droit à la migration, est un droit de l’Homme !

D’autres points de ce pacte sont inquiétants. La 32ème par exemple par lequel, in fine, les Français seront obligés d’admettre comme « normales » les traditions des migrants. Qu’en deviendra-t-il de la polygamie ? des mariages forcés des fillettes ? Des mutilations génitales ?

Je n’ose pas imaginer ce que vont donner les influences de lois religieuses comme la charia dont on sera bientôt obligés d’admettre les « vertus » ! Ceci se fera d’autant plus facile que le Pape François est ouvertement pour ce pacte et soutenu par la commission des épiscopats de l’Union européenne.

Alors que l’on confisque régulièrement la possibilité de débattre du sujet migratoire, de son impact sur les sociétés d’arrivée et des conditions de sa régulation, la signature de ce texte a entériné les conclusions d’un débat que l’on refuse aux Français. A l’instar d’autres nations, il aurait été légitime, obligatoire, que les Français soient consultés avant la signature de ce pacte et qu’un référendum soit organisé. Mais le gouvernement est bien trop conscient du résultat des urnes et il lui est préférable de s’affranchir de l’avis du peuple pour mieux imposer sa doctrine mondialiste.

Le mouvement des Gilets Jaunes a certainement un peu perturbé nos dirigeants mais il leur aura servi de diversion pour signer cet odieux pacte. Comble de l’ignominie le 10 décembre 2018 alors même que le pacte des migrations est imposé aux Français,   le président Macron lors de son intervention pour calmer les Gilets Jaunes, évoque la tenue prochaine de débats sur l’identité nationale et l’immigration :  « Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter ».  Mais très vite, le Premier ministre a précisé que l’immigration ne ferait pas partie du débat.

Nous avons donc fait un pas de géant pour aller plus encore dans la destruction de notre nation, de notre identité, de notre culture. Quelle sera la prochaine trahison ? L’abandon de la France de son siège au sein du Conseil de sécurité des Nations unies comme le souhaite notamment le vice-chancelier allemand Olaf Scholz ?

Plus que jamais, il est temps pour la France de reprendre en main son destin.

 

François Maurice

Article publié initialement dans la revue « Méthode »

Armée européenne: l’immaturité du président français

À peine élu, le président Macron a proposé de créer, dans le cadre d’une défense européenne, une armée européenne. La proposition n’est pas nouvelle. Entre 1952 et 1954, la CED ou Communauté européenne de défense prévoyait de réarmer l’Allemagne et de créer une armée européenne placée sous le commandement de l’OTAN. En 1953, de Gaulle s’y est opposé en invoquant l’histoire, l’indépendance de la France et l’intérêt supérieur de la nation.

À partir de 1958, la doctrine a été claire : indépendance et, en conséquence, défense nationale, puis dissuasion nucléaire « tous azimuts ». La France n’a pas d’ennemi déclaré, mais elle doit être en mesure de se défendre contre toute agression, d’où qu’elle vienne. Macron n’a pas l’expérience des tragédies. Dans les années 1930, la Pologne, la Tchécoslovaquie et d’autres pays ont signé des traités de défense avec la France : juré, promis, croix de bois croix de fer… si vous êtes attaqués, nous interviendrons. En 1938, la Tchécoslovaquie a appelé la France à son secours : à Munich, elle a accepté – et même proposé – le dépeçage de ce pays ami. De Gaulle ne voulait pas, et à juste titre, que la sécurité de la France dépende du Luxembourg ou de la Belgique ou du Lichtenstein.

Ce qui est nouveau, c’est la désignation publique d’ennemis. Pourquoi une armée européenne ? Eh bien pour faire face aux menaces que font peser sur l’Europe, trois pays, nommément désignés : la Russie, la Chine et même les États-Unis d’Amérique. La défense, avec de Gaulle, était tous azimuts ; avec Macron, les azimuts sont réduits à trois, et trois pays avec qui les Européens sont en paix et qui ne menacent personne… On comprend que, apprenant cela, au moment même où il s’apprêtait à assister aux cérémonies du centenaire du 11 novembre et à participer à une grande réunion sur la paix, le président des États-Unis ait jugé le projet insultant. On n’ose pas imaginer la réaction des Polonais, des Slovaques, des Hongrois, etc. quand ils ont appris de Macron qu’ils étaient menacés par les États-Unis d’Amérique, le pays qui garantit leur sécurité. Macron leur a donné de bonnes raisons de haïr la France.

Il y a quelques semaines, l’armée belge, devant renouveler sa flotte d’avions de combat, a préféré aux rafales ou aux eurofighters des appareils américains que l’informatique embarquée rend dépendants du commandement américain. Les Néerlandais aussi ont fait ce choix. Les forces aériennes de Pologne sont composées de F-16 américains. Espagnols et Italiens disposent certes d’eurofighters, mais surtout d’avions de chasse américains. À qui fera-t-on croire qu’une défense européenne est possible, alors que la plupart des pays d’Europe choisissent de s’équiper en avions américains plutôt qu’en avions français ou en avions européens ?

Ce que ce projet révèle, c’est l’immaturité du président français. La France est en guerre au Mali et en Syrie ; elle envoie des troupes ça et là dans le monde ; l’Arabie saoudite mène contre le Yémen une guerre destructive ; la Syrie et l’Irak ont été dévastés par la guerre ; la Turquie fait la guerre aux Kurdes ; le conflit entre Israël et les Palestiniens n’est pas réglé. Rien n’est fait pour arrêter ces guerres, mais la Chine, la Russie, les États-Unis, qui n’en peuvent mais, sont désignés comme des fauteurs de guerre et des ennemis de l’Europe. Pourquoi Macron a-t-il invité leurs représentants à célébrer la paix du 11 novembre ? Pour les humilier ?

Malheur au pays dont le prince est un enfant, disait-on jadis. Les Français sont en train de vérifier la justesse de cette maxime.

 

Par Jean-Gérard LAPACHERIE

Brexit : sommes-nous toujours en démocratie?

Où s’arrêtera la comédie du Brexit ? Deux ans et demi après le référendum par lequel les Britanniques décidèrent de quitter l’Union européenne – non moins clairement que les Français votèrent pour Maastricht –, un accord vient enfin d’être signé entre Londres et Bruxelles. En fait d’accord, il s’agit bien davantage d’un illisible protocole de près de 600 pages et qui vise, on l’aura bien compris, à démontrer l’impossibilité du Brexit. Pour la première fois, Theresa May a menacé de ne pas honorer le résultat du référendum ; cinq membres de son gouvernement ont démissionné. Après d’interminables mois de combinazione, tout reste à faire ou plutôt à défaire. Du reste, qui cela étonne-t-il, hormis les médias qui font leur beurre de ce feuilleton digne d’une série Netflix ?

La communication n’est jamais que l’autre nom de la propagande. En 2016, la quasi totalité des médias, de la classe politique, des intellectuels, des experts autoproclamés nous expliquait que le Brexit ne pouvait pas l’emporter. Certes, disaient-ils, quelques crétins populistes, à l’instar de Nigel Farage, le président de UKIP, tentaient de faire « peur » à leurs compatriotes, « manipulaient » ce peuple qui, en 2005, en France et aux Pays-Bas, avait déjà cédé aux sirènes du « repli sur soi ». Mais cette fois, les eurosceptiques en seraient pour leurs frais ; oui, la « raison » finirait par gagner la bataille contre le « nationalisme », source, comme chacun sait, de tous les Verdun et de tous les Auschwitz. Surtout, comme ils le font aujourd’hui avec l’Italie, les marchés financiers intervenaient dans le débat : « Si vous sortez de l’UE, vous connaîtrez la misère et le choléra ». Selon eux, une victoire du Brexit devait ramener en un clin d’œil l’économie britannique à son état d’avant la révolution industrielle ; au temps du culte de la croissance et des stock-options, cet argument était censé balayer tous les autres – comme « le coût » des places d’hôpital doit nous persuader d’approuver l’euthanasie. Les remainers n’avaient en outre que mépris pour les revendications identitaires des leavers, qui ne voulaient pas d’une Grande-Bretagne soumise à l’immigration de masse qui, comme chez nous, produit des tensions délétères. Las ! déjouant les pronostics, les pro-Brexit eurent le dernier mot. Enfin, ils pensaient l’avoir eu… Ce jour-là, à voir les têtes de croque-morts des journalistes et des autorités, on devinait que tout serait fait pour bloquer l’application de l’article 50 du traité sur l’UE. Comment ceux qui, dans deux côtés de la Manche, avaient milité pour le remain auraient-ils pu agir autrement ? Comment auraient-ils pu s’opposer à la finance dont ils sont, bien plus que de leurs peuples respectifs, les représentants ? Dans la plus pure tradition technocratique, ils mirent alors en place une machine à décourager, simulant un affrontement dont la violence et la durée devaient, à terme, aboutir à l’organisation d’un nouveau référendum. Les Irlandais ont connu cela en 2008, qui avaient dit non au traité de Lisbonne avant de dire oui l’année suivante, après qu’ils eurent été menacés comme le sont aujourd’hui les Britanniques.

Bien sûr, il est normal que l’exécution de l’article 50 donne lieu à des négociations. Nul n’imaginait que l’affaire se réglerait facilement. En outre, la faiblesse de Theresa May, leaver par calcul plus que de conviction, complique encore l’opération. Mais la pierre d’achoppement, c’est de toute évidence la mauvaise volonté des deux parties. Le feint blocage du Brexit trahit l’intention de notre classe dirigeante, qui est de maintenir à tout prix cette UE si profitable aux places boursières. Tous ces libéraux déracinés ne peuvent comprendre l’attachement de leurs peuples à leurs cultures ; la libre circulation des biens et des personnes est dans leur esprit un postulat ; quand « les gens », pour reprendre l’affreuse terminologie de Jean-Luc Mélenchon, les contredisent, ils les nazifient ou, s’ils sont charitables, se demandent s’ils n’ont pas manqué de « pédagogie ». La belle idée européenne, sans doute nécessaire après les guerres mondiales, est depuis trop longtemps entre les mains d’alchimistes, qui l’ont dénaturée, en ont fait cette énorme bureaucratie dont le joug nous étrangle et nous révolte. Les Britanniques ont choisi de partir : leur résolution doit être respectée. Dans une démocratie, les élus sont des mandataires ; sommes-nous toujours en démocratie ?

Par Nicolas LEVINE